Les politiciens

Des coïncidences troublantes, exactement 40 ans plus tard.

todayOctober 7, 2026 16 5

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MYSTÈRE OU CERCLE VICIEUX ?

Quarante ans après, la France retrouve les mêmes blessures lors des manifestations lycéennes

4 décembre 1986. Paris.

Étudiants et lycéens descendent dans la rue pour protester contre le projet de loi Devaquet. Dans la soirée, des affrontements éclatent et des grenades sont utilisées.

Les conséquences sont terribles.

Jérôme Duval, 18 ans, est grièvement blessé au visage. François Rigal, 21 ans, perd un œil. Patrick Berthé, 28 ans, perd une main. Les archives du Monde relatent précisément ces blessures. Le Monde — archives sur les blessés de 1986

Puis, dans la nuit du 5 au 6 décembre, un autre drame bouleverse le pays.

Malik Oussekine, 22 ans, meurt après avoir été frappé par des policiers. Deux policiers seront ensuite condamnés par la justice. INA — la mort de Malik Oussekine

Le ministre Alain Devaquet démissionne.

Quelques jours plus tard, Jacques Chirac annonce le retrait du projet de loi.

On pourrait penser que la France aurait définitivement retenu la leçon.

Mais l’histoire devient beaucoup plus troublante.


1990 : une enquête, des victimes… mais pas de responsable identifié

Après les graves blessures provoquées lors de la manifestation du 4 décembre 1986, une enquête judiciaire est ouverte.

Les victimes sont identifiées.

Les blessures sont réelles.

Certaines sont irréversibles.

Mais en mars 1990, l’affaire se termine par un non-lieu.

Pourquoi ?

Parce que l’enquête n’a pas permis d’établir avec certitude qui avait tiré les projectiles à l’origine des blessures : des CRS ou des gendarmes mobiles.

Les victimes avaient perdu un œil, une main, subi de graves blessures.

Mais il n’a pas été possible d’identifier individuellement les auteurs des tirs. Le Monde — le non-lieu de 1990

Les blessures sont restées. Le responsable, lui, n’a pas été identifié.


Et puis 40 ans passent

Quarante ans.

Une génération entière.

Les jeunes qui manifestaient en 1986 sont devenus parents. Certains sont aujourd’hui grands-parents.

Les gouvernements ont changé.

Les présidents ont changé.

Les ministres ont changé.

Les policiers ont changé.

Les manifestants ont changé.

Les équipements ont changé.

Les lois ont changé.

Et pourtant…

2026.

De nouveau, des lycéens descendent dans la rue.

De nouveau, les forces de l’ordre interviennent.

Et de nouveau, des adolescents subissent des blessures irréversibles.


Lens — 5 octobre 2026

Un lycéen de 15 ans est grièvement blessé lors d’une manifestation.

Il subit une blessure catastrophique à la main et doit finalement subir une amputation de la main.

Les circonstances exactes de l’incident font l’objet d’une enquête. Le Monde — les blessés du mouvement lycéen de 2026

Tours

Un autre lycéen, âgé de 16 ans, perd l’usage d’un œil à la suite d’une blessure dont les circonstances sont également examinées par l’IGPN. Le Monde — les blessés du mouvement lycéen

Saint-Ouen-l’Aumône

Un adolescent de 14 ans est grièvement blessé au visage après avoir été touché par une grenade lacrymogène. Une enquête est également ouverte sur les circonstances de cette intervention. Le Monde — les blessures lors des manifestations


1986 : un œil perdu, une main perdue

2026 : un œil perdu, une main amputée

Quarante ans.

C’est précisément ce qui rend cette histoire si troublante.

Il ne s’agit évidemment pas de dire que les deux périodes sont identiques.

Elles ne le sont pas.

Les armes, les équipements, les circonstances et les règles ont évolué.

Mais une chose est terriblement similaire :

des jeunes manifestants sortent dans la rue et certains en ressortent avec des blessures irréversibles.


Mystère ? Non. Mais alors quoi ?

Le mot « mystère » est séduisant pour un titre.

Mais la réalité est probablement plus inquiétante.

Ce n’est pas une affaire de magie ou de malédiction.

C’est une question de fonctionnement du maintien de l’ordre et de responsabilité.

En 1986, la justice n’a pas réussi à déterminer précisément qui avait effectué les tirs responsables des blessures.

Aujourd’hui, en 2026, plusieurs enquêtes cherchent de nouveau à établir exactement ce qui s’est passé : quel moyen a été utilisé, par qui, dans quelles circonstances et si les règles ont été respectées.

Et une question finit forcément par apparaître :

Que se passera-t-il dans quatre ans ?

Les enquêtes aboutiront-elles à des responsabilités clairement établies ?

Ou retrouvera-t-on un jour les mêmes mots :

« circonstances difficiles à établir »

« auteur non identifié »

« impossibilité de déterminer précisément l’origine du tir »

« non-lieu » ?

Nous ne pouvons évidemment pas prédire l’issue des enquêtes de 2026.

Mais nous savons une chose :

cela s’est déjà produit.


Une main ne repousse pas

C’est peut-être là que le débat sur la « proportionnalité » atteint sa limite.

On peut discuter pendant des heures de tactique policière.

On peut discuter des comportements de certains manifestants.

On peut discuter des projectiles, des incendies, des dégradations et des violences.

Mais il existe une réalité qui ne disparaît pas derrière les mots :

une main amputée ne repousse pas.

Un œil perdu ne revient pas.

Et une blessure grave subie à 14, 15 ou 16 ans peut accompagner une personne pendant toute sa vie.


La vraie question n’est donc pas seulement : « Qui a tiré ? »

Elle est beaucoup plus large.

Pourquoi ce moyen a-t-il été utilisé ?

Quelles consignes avaient été données ?

Qui a décidé de son emploi ?

Était-il réellement nécessaire dans ces circonstances ?

Les risques pour les manifestants étaient-ils connus ?

Les règles ont-elles été respectées ?

Et surtout :

Qui assume la responsabilité lorsque l’utilisation d’un moyen de maintien de l’ordre provoque une mutilation irréversible ?

Ce ne sont pas des questions de vengeance.

Ce sont des questions de démocratie et d’État de droit.


1986 n’est pas seulement une vieille histoire

C’est peut-être justement ce que cette histoire devrait nous rappeler.

En 1986, la France a connu la mort de Malik Oussekine, des jeunes grièvement blessés, une crise politique majeure et finalement le retrait du projet de loi contesté.

Les années ont passé.

Les générations ont changé.

Mais aujourd’hui, en 2026, des parents regardent à nouveau leurs enfants rentrer des manifestations avec des blessures graves.

Et certains doivent se demander :

« Comment est-il possible que, quarante ans après, nous soyons encore en train de parler de jeunes qui perdent un œil ou une main pendant des manifestations ? »

C’est peut-être la question la plus importante de toute cette histoire.


Quarante ans pour apprendre. Quarante ans pour oublier ?

Nous ne savons pas encore comment se termineront les enquêtes de 2026.

Et il serait malhonnête d’accuser aujourd’hui une personne précise avant que les faits soient établis.

Mais nous pouvons poser une exigence simple :

que cette fois, l’histoire ne se termine pas simplement par des victimes identifiées, des blessures irréversibles et un dossier refermé faute d’avoir pu déterminer qui est responsable.

Car si une génération entière doit attendre quarante ans pour constater que les mêmes drames peuvent encore se produire, alors le problème n’est peut-être pas seulement dans la rue.

Il est peut-être dans le système lui-même.

Et si dans quarante ans un journaliste ouvre à nouveau les archives de 2026 et découvre :

« Un adolescent a perdu une main. Un autre a perdu un œil. Une enquête a été ouverte. Puis… »

Alors la vraie question ne sera plus de savoir s’il s’agissait d’une coïncidence.

La vraie question sera de savoir pourquoi personne n’a brisé le cercle.

Une main ne repousse pas.
Un œil ne revient pas.
Mais une démocratie peut encore apprendre de son histoire.

Tu veux que je le rende plus journalistique et resserré, ou que je garde ce ton plus éditorial et dramatique ?

Written by: Katy

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