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Mandelieu : et si la solution était simplement de laisser une place à tout le monde ?

todayAugust 8, 2026 6 11 5

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Mandelieu : et si la solution était simplement de laisser une place à tout le monde ?

À Mandelieu-la-Napoule, le débat autour des tenues de plage revient une nouvelle fois devant la justice.

Depuis plusieurs années, la mairie prend des arrêtés concernant les tenues manifestant une appartenance religieuse sur les plages. Et depuis plusieurs années, ces décisions sont contestées devant la justice.

En 2026 encore, le tribunal administratif de Nice a suspendu l’arrêté municipal, estimant notamment que la commune n’avait pas démontré l’existence d’un risque actuel suffisamment précis pour justifier une telle restriction.

Alors une question mérite peut-être d’être posée autrement.

Pourquoi chercher systématiquement à interdire, plutôt que chercher à organiser la cohabitation ?

Une plage, des milliers de façons de vivre

Il suffit de regarder une plage aujourd’hui pour constater une chose : tout le monde ne s’y habille pas de la même manière.

Certains se baignent en maillot classique, d’autres en short, en tee-shirt, en combinaison, avec une tenue couvrante ou avec un équipement de plongée.

Certains choisissent même des espaces où la nudité est autorisée.

Personne ne demande à tous les autres de s’habiller comme lui.

Nous avons simplement appris, au fil du temps, à partager un même espace avec des personnes qui ont des habitudes différentes.

Alors pourquoi faudrait-il considérer différemment une femme qui choisit de se baigner en burkini parce que ses convictions religieuses lui imposent certaines règles vestimentaires ?

Elle n’est pas différente des autres habitants.

Elle travaille, elle élève ses enfants, elle vit en France et, comme beaucoup d’autres familles, elle attend parfois toute l’année quelques jours de vacances pour profiter de la mer.

Elle a donc, elle aussi, le droit de profiter du littoral.

Cela ne signifie pas que tout le monde doit aimer sa tenue.

Cela signifie simplement que le fait de ne pas aimer la façon dont une autre personne s’habille ne devrait pas suffire à lui interdire un espace public.

Et si nous essayions simplement d’être tolérants ?

La tolérance ne consiste pas à aimer tout ce que font les autres.

Elle consiste à accepter que d’autres personnes puissent faire des choix différents des nôtres, tant qu’elles respectent les règles communes.

Une personne en bikini n’a pas besoin de comprendre pourquoi une autre préfère porter une tenue couvrante.

Une femme en burkini n’a pas besoin de comprendre pourquoi une autre préfère bronzer seins nus.

Et aucune des deux ne devrait avoir besoin de demander à l’autre de disparaître.

La mer est assez grande pour tout le monde.

Mais le problème de Mandelieu dépasse finalement la question du burkini

Il y a une autre question que la municipalité pourrait peut-être se poser.

Le littoral est également un espace économique.

Des restaurants et des établissements privés bénéficient de concessions sur le bord de mer et occupent des surfaces importantes.

C’est parfaitement compréhensible : les restaurants travaillent, paient des redevances et participent à l’activité économique de la ville.

Mais si la municipalité est capable d’organiser l’utilisation de grandes surfaces du littoral pour des activités commerciales sur plusieurs années, pourquoi serait-il impossible de réfléchir également à des espaces permettant à différentes catégories de personnes de profiter de la plage selon leurs habitudes ?

Nous ne demandons pas de supprimer les restaurants.

Nous ne demandons pas de créer une plage réservée à une religion.

Nous demandons simplement pourquoi la solution doit toujours être l’interdiction.

Pourquoi ne pas chercher un espace, une organisation ou des règles permettant à chacun de profiter de la mer sans imposer son mode de vie aux autres ?

Peut-être que le vrai problème est ailleurs

Depuis des années, le même scénario semble se répéter :

un arrêté municipal est pris, il est contesté, la justice intervient, puis le débat recommence.

Pendant ce temps, les habitants continuent de vivre ensemble.

Ils se croisent dans les rues, dans les commerces, dans les écoles et sur les plages.

Ils n’ont pas forcément les mêmes convictions, les mêmes habitudes ou la même manière de vivre.

Mais ils partagent la même ville.

Alors peut-être que le rôle d’une mairie n’est pas de décider quelle manière de vivre est la meilleure.

Peut-être que son rôle est simplement de permettre à chacun de vivre la sienne sans empêcher les autres de vivre la leur.

Parce qu’au fond, la question n’est pas de savoir si nous aimons le burkini, le bikini, les shorts, les combinaisons ou toute autre tenue.

La vraie question est beaucoup plus simple : sommes-nous encore capables de partager un même espace avec des gens qui ne nous ressemblent pas ?

À Mandelieu, la réponse pourrait commencer par un peu moins d’interdictions et un peu plus d’imagination.

Et surtout par une idée très simple :

la plage est à tout le monde.

Written by: Katy

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